RÉFLEXIONS sur L'APPRENTISSAGE


Apprentissage (formation), acquisition d’une technique professionnelle au moyen du placement, pour une période d’une durée variable, d’une personne qui désire se former dans une entreprise ou auprès d’un artisan. Très largement pratiqué au Moyen Âge dans le cadre des corporations, l’apprentissage reste le mode de formation privilégié de toutes les professions artisanales.

Aujourd’hui, il concerne, en France, 280 000 personnes environ. Les jeunes de 16 à 25 ans s’engagent à passer, au terme d’un à trois ans de formation alternée, un examen professionnel reconnu par l’Éducation nationale (CAP, BEP, bac professionnel ou diplôme d’ingénieur). Pour cela, l’apprenti signe avec son employeur un contrat de travail à durée déterminée d’un type particulier : en contrepartie d’un pourcentage du SMIC qui varie de 15 à 75 p. 100 selon l’âge et l’année, il occupe, en entreprise, sous la conduite d’un maître d’apprentissage agréé, un emploi correspondant à la qualification qu’il prépare, et assiste à des cours théoriques dispensés au Centre de formation des apprentis (CFA) ou chez l’employeur, à raison de 400 h par an. La rémunération versée est exonérée de cotisations sociales.

Le taux préoccupant de chômage tout particulièrement chez les jeunes — a redonné à l’apprentissage une actualité qu’il avait un temps perdu : beaucoup d’analyses considèrent, en effet, que l’inadéquation des formations assurées par l’école aux besoins des entreprises est l’une des causes principales de ce taux d’inactivité. Le recours à l’apprentissage apparaît, dans ce contexte, comme l’un des moyens de rapprocher l’école de l’entreprise et de mieux combiner formation théorique et pratique professionnelle. La politique de formation des jeunes, notamment en faveur de ceux qui ont peu de qualifications, a ainsi mis l’accent, depuis le milieu des années quatre-vingt, sur le développement de la formation en alternance.
Ces mesures, qui s’inspirent du modèle allemand, ont connu un réel succès, comme en témoigne la croissance, depuis 1992, du nombre d’élèves concernés par les contrats d’apprentissage. La quasi-totalité de la formation en Allemagne se déroule, en effet, dans le cadre de l’alternance entreprise-école professionnelle publique.
Ce mode de formation, qualifié de "système dual", accueille la majorité des jeunes d’une classe d’âge. La qualité de ce système constituerait l’un des éléments d’explication de la différence qui existe entre le taux de chômage des jeunes Français et celui des jeunes Allemands de moins de 25
 ans. L’apprentissage se double, dans les entreprises allemandes, d’un système de formation continue qui permet aux anciens apprentis d’avoir accès à des carrières de maîtrise, de technicien et d’ingénieur.

Cependant, en dépit de ses succès, le système dual suscite aujourd’hui en Allemagne même de nombreuses interrogations sur sa viabilité future : les jeunes ne veulent plus entrer dans certaines filières industrielles et artisanales ; ils préfèrent se diriger vers des filières dont l’accès passe par des études universitaires. Le fonctionnement du marché du travail renforce ces évolutions : les diplômés universitaires perçoivent de meilleures rémunérations, occupent de meilleures positions sociales et sont moins vulnérables au chômage que les diplômés du système dual. Pour toutes ces raisons, le système allemand d’apprentissage se voit menacé, au moment même où il est présenté comme un modèle pour les autres pays européens.

(Source : Encyclopédie Encarta Microsoft 1999)